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Icon payant« Tout le monde tombe des nues » : à Kraainem, l’opposition torpille l’idée d’une fusion avec Wezembeek-Oppem. « Cela va rouvrir une boîte de Pandore qui risque de relancer des hostilités linguistiques. »

Elisabeth de Foestraets-d'Ursel (MR), première échevine d'opposition à Kraainem
Elisabeth de Foestraets-d’Ursel (MR), première échevine d’opposition à Kraainem ©E.C. & Belga

« Ce n’est absolument pas une priorité ! » À Kraainem, l’opposition sort de ses gonds à l’idée d’une fusion avec Wezembeek-Oppem. Lors du conseil communal de février, la majorité a décidé d’interpeller la ministre flamande Hilde Crevits (CD&V) quant aux possibilités et conditions d’une éventuelle fusion.

Car spécificité des communes à facilités : ces entités de la périphérie bruxelloise ne peuvent fusionner comme elles l’entendent sans accord du fédéral. Or cette boîte de Pandore communautaire reste, jusqu’à preuve du contraire, fermée à l’échelon fédéral. Pour contourner cela, dans une dynamique de fusions en Flandre, une récente étude a esquissé la possibilité d’une fusion particulière en gardant, au sein de la commune fusionnée, différents « degrés de facilités« . Une piste qu’entend explorer la majorité du bourgmestre Bertrand Waucquez, tout en restant prudent. « Cela ne veut pas dire qu’on va forcément le faire. On va d’abord voir si un mariage est envisageable ou pas.« 

« Très opposés à ce principe de fusion »

Mais pour l’opposition MR-Défi-indépendants, cette proposition est imbuvable. « Nous sommes très opposés à ce principe de fusion. Tout le monde tombe des nues« , assure Elisabeth de Foestraets-d’Ursel (MR), première échevine… d’opposition. Car autre curiosité des communes à facilités : les échevins sont désignés directement sur base du résultat des élections. On retrouve donc au collège échevinal des membres de la majorité et de l’opposition.

Une des principales craintes soulevées par l’opposition crainhemoise : les implications sur le personnel. « Notre personnel est déjà en sous-effectif et sur les genoux. Il est contradictoire d’arriver avec une volonté de fusion alors qu’on vient de voter un plan qui prévoit un renforcement du personnel. » Plus largement, la mandataire libérale dit voir « dans cette obsession de fusion, une volonté de faire des économies« .

Car autre point évoqué : l’état des finances. « Wezembeek-Oppem se porte bien financièrement. Or ce n’est pas le cas de Kraainem. Je ne suis pas convaincu que le cadeau soit si attirant que ça pour Wezembeek« , pointe le conseiller Olivier Neirynck (MR). « Cela va rouvrir une boîte de Pandore qui risque de relancer des hostilités linguistiques. Or on se passerait bien des manifestations du Taal Aktie Komitee.

En outre, l’élu d’opposition évoque l’augmentation de la rémunération du bourgmestre de la future commune fusionnée. « J’aime espérer qu’il ne s’agisse pas du seul argument du bourgmestre. Mais je ne peux m’enlever cette hypothèse de la tête et ne pas suspecter des velléités purement personnelles« , assume Olivier Neirynck. Des accusations que réfute le bourgmestre Bertrand Waucquez, se disant « prêt à céder sa place pour que la fusion se réalise« .

Plus largement, l’opposition MR-Défi demande une concertation avec la population et l’administration sur la question d’une fusion. Sur ce point, la majorité a promis une concertation si le projet venait à se concrétiser. Tout en rappelant qu’il ne s’agit à ce stade que d’une démarche d’information n’engageant à rien »